jeudi 4 juin 2009
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mercredi 3 juin 2009
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Dans mon nouvel appartement, en plus de n'avoir pas de télévision, je n'ai pas encore branché de radio. Bien sûr, je pourrais écouter France Info en streaming, mais la simple vue de leur page d'accueil me donne envie de m'énucléer au tire-bouchon (voir à « Edouard Levé »). Alors oui, comment fais-je (c'est aussi important qu'intéressant) pour me tenir au fait de l'actualité ? Et bien j'entends les gens dans la rue, j'attends que ma mère m'appelle pour me demander si je ne connaîtrais pas, par hasard, quelqu'un dans le crash de l'avion et, surtout, je surfe dans les méandres de l'interwebs, outil qui permet encore, un peu, de choisir ses sources d'information et de ne tomber que sur celles qui vous intéressent (c'est tellement individualiste comme démarche, je pleure de nostalgie les reportages de France Info sur les voyages du « très saint-père » suivis par d'autres sur les dangers psychologiques du verbiage sectaire, au moment du procès de la scientologie).Je me suis donc, ces jours-ci, penchée sur l'histoire de ce médecin américain assassiné pour avoir pratiqué des avortement tardifs. Une histoire purement américano-américaine, car on ne tue pas des avorteurs en France, parce qu'il n'y a pas d'avorteurs en France, il n'y a que des gynécologues à qui il arrive de pratiquer des avortements, et pas tardifs, non, des IMG, ou interruptions médicales de grossesse, des trucs sérieux avalisés médicalement, car il y a risques graves (ie. mort ou léguminite), pour le fœtus, pour la mère, pour les deux – brefs, ce n'était pas comme avec George Tiller qui, peut-on lire à droite et à gauche, démembrait avec un air sadique les petits pieds et les petits bras de bébés tout droit sortis des ventres chauds des mères trop connes pour s'en être aperçues avant, qu'il y avait un truc qui leur poussait de travers, à l'intérieur.
Le faible [par rapport à son importance absolue, personnellement, je trouve] traitement médiatique de l'assassinat de George Tiller le présente donc, peu ou prou, comme un médecin de confort. On se gargarise que ça ne puisse pas nous arriver, chez nous, à nous, les bien-portants de l'éthique gestative. Car c'est bien écrit, dans notre code de la santé publique, que les IMG ne doivent être pratiquées uniquement s'il y a risque grave pour la mère, si le fœtus est atteint d'une pathologie incurable (« et/ou »), qu'il faut l'accord de deux médecins... absolument comme au Kansas, lieu d'exercice et de mort de feu Dr Tiller. A ceci près que le Dr Tiller, semble-t-il, privilégiait les cas où seule la santé de la mère était en jeu (un simple « ou ») – d'où l'impression de confort, d'interventions superflues, de caprices, et de sadisme. Car si l'enfant était viable, alors que vogue la galère...
A tous ceux qui pensent ainsi, matraqués par une presse trop occupée à dépiauter en temps réel la carcasse d'un avion noyé pour s'intéresser précisément au cas « américano-américain » de l'assassinat d'un médecin, je leur demanderai d'imaginer le confort que peut représenter la sensation d'avoir quelque-chose qui se développe à l'intérieur de vous sans que vous l'ayez désiré, quelque-chose qui met votre vie en danger, ou quelque-chose qui, une fois sorti, risque de vous laisser handicapée, ruinée, déprimée... un quelque-chose que vous n'avez pas le droit de penser quelque-chose, parce que la vie vous a fait un merveilleux cadeau, parce que votre cousine, après 4 FIV infructueuses vous regarde avec un air mauvais, parce que votre curé vous promet l'enfer, ou parce que, tout simplement, vous ne pouvez pas penser que c'est là quelque-chose et encore moins le dire.
Je vais donc m'évertuer à dire ce qui ne se dit pas. Je n'ai jamais ressenti de plus grande douleur psychologique et physique que lors du minuscule temps où j'étais enceinte. Le simple fait de me remémorer les restes huileux de souvenirs des tests positifs, de la course contre la montre, des mensonges et des dissimulations, le simple mot d'enceinte appliqué à ma personne, pourrait me donner, encore aujourd'hui, envie de sauter par cette fenêtre ensoleillée. Bien sûr, il s'agit là d'une expérience personnelle, et rien ne me donne le droit de la généraliser. Bien sûr, j'ai eu la chance de suivre précisément l'état de mon cycle ovarien, j'ai eu la chance d'avoir le réflexe de faire un test de grossesse dès le premier jour de retard, j'ai eu la chance d'aller en confirmer le résultat chez un gynécologue qui comprenait ma détresse, j'ai eu la chance de savoir ce que je voulais (ou ne voulais pas), j'ai eu la chance de vivre dans un pays où l'on vous demande de justifier votre choix devant un lologue qui prend des notes sur sa petite fiche à ranger dans le petit tiroir du petit casier et à ressortir, au cas où, trois ans plus tard, je me serais mise à errer dans les rues à me râper sur des murs en meulière et en hurlant « A dingo ate my baby », le tout entrecoupé de menaces de procès envers les autorités médicales qui m'avaient permis de me pas me soulager à l'aide un pessaire au persil... Et j'ai d'ailleurs eu la chance de ne pas changer d'avis ni de regretter un seul instant ce choix. Car on ne sait jamais, les hommes sont si versatiles, et LA femme, je n'en parle même pas.
Alors oui, oui, oui, entendu, je ne vais pas, comme le faisait visiblement le Dr Tiller-qui-a-quand-même-bien-mérité-son-sort-parce-que-quand-même-son-travail-était-idéologique, me jeter sur les utérus des femmes enceintes qui passent à ma portée pour les vider à coup de dents. Non, non, non, car je n'ai pas le droit d'agir sur la liberté d'autrui, de la même manière qu'autrui n'a pas le droit de... oui mais non car si tout le monde pensait comme toi alors il n'y aurait plus de bébés sur la terre et parce qu'il faut bien mettre des bornes sinon ya plus de limites vu qu'on a tous nos instincts grégaires, l'inverse n'est pas vrai.
mercredi 13 mai 2009
Copié Collé
DÉCLARATION D'INDEPENDANCE DU CYBERESPACE
Gouvernements du monde industriel, géants fatigués de chair et d'acier, je viens du cyberespace, nouvelle demeure de l'esprit. Au nom de l'avenir, je vous demande, à vous qui êtes du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n'êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n'avez aucun droit de souveraineté sur nos lieux de rencontre.
Nous n'avons pas de gouvernement élu et nous ne sommes pas près d'en avoir un, aussi je m'adresse à vous avec la seule autorité que donne la liberté elle-même lorsqu'elle s'exprime. Je déclare que l'espace social global que nous construisons est indépendant, par nature, de la tyrannie que vous cherchez à nous imposer. Vous n'avez pas le droit moral de nous donner des ordres et vous ne disposez d'aucun moyen de contrainte que nous ayons de vraies raisons de craindre.
Les gouvernements tirent leur pouvoir légitime du consentement des gouvernés. Vous ne nous l'avez pas demandé et nous ne vous l'avons pas donné. Vous n'avez pas été conviés. Vous ne nous connaissez pas et vous ignorez tout de notre monde. Le cyberespace n'est pas borné par vos frontières. Ne croyez pas que vous puissiez le construire, comme s'il s'agissait d'un projet de construction publique. Vous ne le pouvez pas. C'est un acte de la nature et il se développe grâce à nos actions collectives.
Vous n'avez pas pris part à notre grande conversation, qui ne cesse de croître, et vous n'avez pas créé la richesse de nos marchés. Vous ne connaissez ni notre culture, ni notre éthique, ni les codes non écrits qui font déjà de notre société un monde plus ordonné que celui que vous pourriez obtenir en imposant toutes vos règles.
Vous prétendez que des problèmes se posent parmi nous et qu'il est nécessaire que vous les régliez. Vous utilisez ce prétexte pour envahir notre territoire. Nombre de ces problèmes n'ont aucune existence. Lorsque de véritables conflits se produiront, lorsque des erreurs seront commises, nous les identifierons et nous les réglerons par nos propres moyens. Nous établissons notre propre contrat social. L'autorité y sera définie selon les conditions de notre monde et non du vôtre. Notre monde est différent.
Le cyberespace est constitué par des échanges, des relations, et par la pensée elle-même, déployée comme une vague qui s'élève dans le réseau de nos communications. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il n'est pas là où vivent les corps.
Nous créons un monde où tous peuvent entrer, sans privilège ni préjugé dicté par la race, le pouvoir économique, la puissance militaire ou le lieu de naissance.
Nous créons un monde où chacun, où qu'il se trouve, peut exprimer ses idées, aussi singulières qu'elles puissent être, sans craindre d'être réduit au silence ou à une norme.
Vos notions juridiques de propriété, d'expression, d'identité, de mouvement et de contexte ne s'appliquent pas à nous. Elles se fondent sur la matière. Ici, il n'y a pas de matière.
Nos identités n'ont pas de corps; ainsi, contrairement à vous, nous ne pouvons obtenir l'ordre par la contrainte physique. Nous croyons que l'autorité naîtra parmi nous de l'éthique, de l'intérêt individuel éclairé et du bien public. Nos identités peuvent être réparties sur un grand nombre de vos juridictions. La seule loi que toutes les cultures qui nous constituent s'accordent à reconnaître de façon générale est la Règle d'Or. Nous espérons que nous serons capables d'élaborer nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer.
Aux États-Unis, vous avez aujourd'hui créé une loi, la loi sur la réforme des télécommunications, qui viole votre propre Constitution et représente une insulte aux rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent désormais renaître en nous.
Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, parce qu'ils sont les habitants d'un monde où vous ne serez jamais que des étrangers. Parce que vous les craignez, vous confiez la responsabilité parentale, que vous êtes trop lâches pour prendre en charge vous-mêmes, à vos bureaucraties. Dans notre monde, tous les sentiments, toutes les expressions de l'humanité, des plus vils aux plus angéliques, font partie d'un ensemble homogène, la conversation globale informatique. Nous ne pouvons pas séparer l'air qui suffoque de l'air dans lequel battent les ailes.
En Chine, en Allemagne, en France, en Russie, à Singapour, en Italie et aux États-Unis, vous vous efforcez de repousser le virus de la liberté en érigeant des postes de garde aux frontières du cyberespace. Ils peuvent vous préserver de la contagion pendant quelque temps, mais ils n'auront aucune efficacité dans un monde qui sera bientôt couvert de médias informatiques.
Vos industries de l'information toujours plus obsolètes voudraient se perpétuer en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui prétendent définir des droits de propriété sur la parole elle-même dans le monde entier. Ces lois voudraient faire des idées un produit industriel quelconque, sans plus de noblesse qu'un morceau de fonte. Dans notre monde, tout ce que l'esprit humain est capable de créer peut être reproduit et diffusé à l'infini sans que cela ne coûte rien. La transmission globale de la pensée n'a plus besoin de vos usines pour s'accomplir.
Ces mesures toujours plus hostiles et colonialistes nous mettent dans une situation identique à celle qu'ont connue autrefois les amis de la liberté et de l'autodétermination, qui ont eu à rejeter l'autorité de pouvoirs distants et mal informés. Nous devons déclarer nos subjectivités virtuelles étrangères à votre souveraineté, même si nous continuons à consentir à ce que vous ayez le pouvoir sur nos corps. Nous nous répandrons sur la planète, si bien que personne ne pourra arrêter nos pensées.
Nous allons créer une civilisation de l'esprit dans le cyberespace. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde que vos gouvernements ont créé.
John Perry Barlow, Davos (Suisse), le 8 février 1996.
mardi 28 avril 2009
mardi 21 avril 2009
Bienvenue

Parlons aujourd'hui de cette jeune Australienne de 19 ans qui risque 14 ans de prison pour s'être avortée seule à l'aide d'une pilule achetée en Ukraine. La blague, c'est que l'avortement médicalisé est légal dans l'Etat du Queensland, tandis que "la provocation volontaire de fausse-couche" demeure un crime. En même temps, elle a évité la lapidation, réjouissons-nous.
Et je me demande toujours, dans ce genre de cas, qui porte plainte ?
samedi 18 avril 2009
Fitness
C'est l'histoire de la fille qui vient de se prendre une balle dans la tête et se prépare une tasse de thé et qui en offre aux policiers qui viennent la secourir. Elle s'était fait tirer dessus par son mari qui, lui, a réussi ensuite à se suicider convenablement.
mardi 14 avril 2009
Oui


C'est l'histoire de la fille qui dort avec un fourmilier de compagnie.
(Je ne mets pas de photo de chat aujourd'hui car je trouvais cela moins pertinent)
Snif
Quand j'étais plus jeune et pendant les vacances d'été, mes parents étaient coutumiers de la location de cassettes vidéo. Ils y avaient celles pour nous, que tout le monde ou presque regardait dans l'après-midi. Et celles pour eux, spectacle réservé une fois le reste de la famille endormie, dans la salle à manger de l'appartement estival qui leur servait de chambre en canapé convertible, la double porte fermée. Mais les reflets de la télé en flou sur la vitre brouillée façon plexiglas amélioré, quand il me prenait par exemple une envie de toilettes.Un lendemain, sur le chemin des cassettes rendues, mon père m'avait négligemment tendu le sac du film à eux. Ma mère avait hurlé, j'avais regardé la cassette nue sans jaquette sur laquelle était marqué Insatiable. Je devais avoir une dizaine d'années et Diamonds & Pearls tournait alors en boucle sur mon walkman. J'avais donc haussé les épaules en m'interrogeant sur la nécessité d'une double porte de salle à manger fermée, si c'était un documentaire sur Prince. Ma mère pouffait et mon père répondait « mais oui, un documentaire sur Prince ».
Hier, Marilyn Chambers a été retrouvée morte dans son mobile home.
vendredi 10 avril 2009
lundi 6 avril 2009
Résistance

Activisme
J'ai besoin de tous les témoignages possibles, et SURTOUT, de toutes les photos et vidéos que vous ou vos amis auraient pu faire pendant la manif du jeudi 26 mars.
TOUTES les photos m'intéressent, même celles où je n'apparais pas, j'ai ABSOLUMENT besoin de prouver mon innocence. Si vous avez accès à d'autres listes de mobilisation, n'hésitez pas à diffuser ce mail.
Envoyez moi vos réponses à cette adresse: onimus.clement@orange.fr


