jeudi 12 mars 2009
dimanche 8 mars 2009
Parlez-moi d'amour
Il y a quelques semaines, j'étais invitée dans les locaux de France Inter pour répondre en duplex aux questions de Gabrielle Stefanski de la RTBF. J'étais contente, l'interview se passait l'après-midi et dans l'ascenseur, je croisai Frédéric Lodéon, une de mes idoles de toujours. De celles qui m'ont appris, entre autres et à maintes reprises, qu'Erik Satie ne possédait qu'une chemise. Au sortir du studio d'enregistrement, j'étais suante et tremblante, avec la désagréable impression d'avoir été cuisinée pendant une heure, façon poulet à la broche ou sorcière sur le bûcher. On me dira que c'est de bonne guerre, qu'écrire un essai c'est aussi devoir se préparer à la critique, au débat, qu'on ne peut pas plaire à tout le monde, et blabla. Et je suis pour. Quelques temps plus tard, ma mirifique1 attachée de presse m'informait que Gabrielle Stefanski rencontrait des problèmes éthiques voire déontologiques (sic) avec mes propos, qu'elle essayait de les monter sans me faire mentir et que tout cela allait prendre plus de temps que prévu pour atterrir sur les ondes. Toujours pas de souci. A part synthétiser ma voix pour me faire dire des choses que je n'avais pas dites, je ne courrais pas de grand risque à voir l'expression de mon éminente pensée ainsi retardée.
Il y a quelques jours, j'apprenais que mon interview allait finalement être diffusée le samedi 7 mars avec, en parallèle, les commentaires d'un psychanalyste, Bernard Robinson, qui avait lu mon livre et l'éclairait de ses propres références scientifiques. Toujours pas de problème. Plus on lit mon livre, mieux c'est ; et plus je chante et danse et siffle sous la pluie.
Les premiers soucis sont venus à l'écoute de ces fameux commentaires au milieu desquels j'ai peiné à trouver une critique pertinente [pertinence, selon le dictionnaire du CNTRL : « Qualité de ce qui est adapté exactement à l'objet dont il s'agit »]. Je n'en ai d'ailleurs trouvé aucune. Que ce soit la critique selon laquelle j'ai écrit un essai haineux, anachronique, moraliste, épistémologiquement faible ou encore dont le ton et les idées « sont tout à fait propices à développer des idéaux totalitaires » (sic).
J'ai par contre retenu certaines idées de Bernard Robinson, en particulier celle qui veut qu'une personne qui ne désire pas d'enfant manque la notion fondamentale, pour son développement, de transmission. Je me souviens aussi (bien que Bernard Robinson se refusait à tout eugénisme et poussait mêmes des cris d'orfraie en en décelant, à grand renforts de procès d'intention, dans mes propos), de l'idée selon laquelle il est compréhensible qu'un schizophrène ne désire pas d'enfant. Je me souviens aussi de son idée selon laquelle un enfant n'appartient pas seulement à l'individu qui le désire (ou pas) mais à la société dans son ensemble. Et j'y réfléchis, en cette grise journée dominicale de ma vie de sous-développée.
La suite ici. Les commentaires sont plus que jamais ouverts.
1Absolument aucune ironie inside. Si, par malheur, avant le déluge, mon destin me transformait en prophète à devoir faire monter sur un bateau deux spécimens d'attachée de presse pour préserver la race, je clonerais sans hésiter Valérie Touzé de la Musardine, ou lui offrirais quelque capacité parthénogénétique.
samedi 7 mars 2009
Nihil ex nihilo

Pendant près de deux ans j'ai tenu la chronique hebdomadaire l'Ere de rien sur le site de Chronic'art. Ayant quitté la rédaction de ce magazine, les responsables de ce support ont jugé opportun de nettoyer leurs serveurs des archives de mes textes. Tant pis, ça continue ici. Et ça change de nom. Bonus !
vendredi 27 février 2009
Publication

Le 1er avril prochain paraîtra Ecrivains en série aux éditions LaureLi/Léo Scheer. J'y suis responsable des entrées Lady Oscar, ReGenesis, Nip/Tuck et CSI (Grissooom reviens !).
dimanche 15 février 2009
samedi 14 février 2009
Non non non non

Non, non, non je ne crierai pas un truc du genre "mais quels putains de prolos du bulbe incapables de se servir d'une capote ou d'une canule", mais je le pense très fort.
jeudi 12 février 2009
Neurobiologie du risque
L'ordalie, soit une prise de risque volontaire et ludique, n'est pas la chose la mieux partagée du monde. Certains adorent le saut à l'élastique, le rafting, la conduite à 200 km/h le samedi soir à contresens et bourré sur l'autoroute, d'autres préfèrent les charentaises, les livres et les tisanes. Pourquoi, neurobiologiquement parlant ? C'est à cette question qu'ont tenté de répondre Jane E. Joseph et son équipe (Université du Kentucky). Des individus ont été séparés en deux groupes, soit les amateurs de sensations fortes et les casaniers , les deux monitorés par scanner. Les chercheurs leur ont montré des photographies allant d'images neutres (des vaches, de la nourriture) à d'autres plus émotionnelles et excitantes (pornographie, violence...). Dans le premier groupe, les mesures cérébrales ont montré une forte activité dans l'insula, une zone connue pour être liée aux comportements de dépendance. Dans le second, elles ont souligné une stimulation plus accrue du cortex frontal, soit une zone communément dédiée au contrôle des émotions. Conclusion : Les individus avides de sensations fortes ne voient pas seulement leurs cerveaux fortement s'activer devant des choses excitantes et potentiellement dangereuses, ils sont aussi moins à même d'inhiber ou de contrôler "de façon appropriée" cette activation.
Référence : Neural Correlates of Emotional Reactivity in Sensation Seeking, Jane E. Joseph et al., Psychological Science, Volume 20 Issue 2, Pages 215 - 223, Published Online: 31 Jan 2009
lundi 9 février 2009
Sexe et Etat

Susan Dodillet est sur le point de soutenir sa thèse Är sex arbete? Svensk och tysk prostitutionspolitik sedan 1970-talet (Le sexe est-il un travail ? Législations sur la prostitution en Suède et en Allemagne, depuis les années 1970) :
Towards the end of the twentieth century, both Germany and Sweden engaged in extensive discussions on prostitution – discussions that resulted in two very different prostitution policies. Whereas the purchase (but not the selling) of sexual favours was forbidden in Sweden, prostitution was made a legal profession in Germany. This thesis examines the political debates that preceded these legislations and analyses their ideological backgrounds. Previously the Swedish policy of criminalizing clients has been explained with reference to the high percentage of women members in the Riksdag, compared to parliaments in countries with liberal prostitution policies such as Germany and the Netherlands. Researchers like political scientist Maud Eduards and historian Yvonne Svanström have described client criminalization as a clear feminist legislation. Comparison of Swedish and the German policies undertaken in this thesis reveals that also the approval of prostitution builds on feminist analyses, and that other explanations can be found for the Swedish approach of client criminalisation than the actual success of the Swedish women’s movement. In this thesis the ideas of prostitution that emerge in tandem with the Swedish client criminalization and the German approval of prostitution are traced back to different theories of civil society, differing welfare state ideologies, religious traditions and feminist ideas that have influenced the political strategies of both countries. Especially transnational forms of prostitution are the subject of discussions on joint legislations in the European Union. The fact that the prostitution policies of the European countries widely differ, even between parties that belong to the same political group in the European Parliament, may possibly be regarded as a problem for this collaboration. However in the present thesis the finial discussion culminates with a draft for a prostitution policy that suggests a means of considering conflicting standpoints and consequently might be a way to bridge the gap between the current Swedish and German legislation.
Un point de sa thèse me semble particulièrement pertinent : l'opposition entre Suède et Allemagne au sujet de la prostitution s'expliquerait par la différence de rapport à l'État de leurs habitants. Alors que les Suédois ont confiance en lui (bien qu'il fut l'un des plus eugénistes de l'histoire européenne), les Allemands c'est l'inverse : le passé leur ayant « appris » à se méfier de leurs dirigeants.
J'en veux un

mercredi 4 février 2009
Citations
J’ai toujours aimé les aliénés, les psychopathes, les dégénérés, les ratés, les anormaux, les infirmes, ceux qui cherchent la mort et que celle-ci évite, en un mot, les fils pauvres et déshérités de Satan, et ceux-ci, à leur tour, m’ont aimé.
mardi 3 février 2009
Endless

L'humain est con, parfois. Par exemple, si vous faites subir à des cobayes le supra-fameux dilemme du prisonnier, que vous faites passer la récompense pour coopération de 3$ à 300 cents, les gens coopèrent plus dans le second cas. Ensuite, faites passer la récompense de 3$ à 3 cents et notez, avec délice, aucun changement dans le nombre des coopérants.
Note pour les cerveaux lents, 3$ équivaut à 300 cents.
Sauvegarde

C'est donc l'histoire de la fille qui tire dans la hanche de son copain parce qu'il ne la laisse pas dormir. On vous l'aura dit, le ronflement, ça peut tuer un couple.

