vendredi 25 juillet 2008

La société du spectacle

De mon temps, ce n'était pas si facile de faire ce qu'on voulait, tu sais. Il y avait l'autorité, les baffes, le respect. Mais l'idée n'est pas de regretter quoi que ce soit ou d'en vouloir à quiconque, l'idée c'est de faire avec les choses comme elles viennent, mais d'avoir des principes.

Des lunettes qui pendent à un fil, le front qui se plisse de ceux qui ont du mal à réfléchir, qui souffrent en espérant qu'une fronce de sourcil éjectera un peu plus de jus dans les circuits. Un cerveau, c'est comme une voiture, tu sais, si tu ne mets pas d'essence, tu ne peux pas démarrer. Il lève des fois les yeux et regarde autour de lui, il pourrait parler s'il ne murmurait pas, ne pas faire de vagues dit-il, tu n'as pas besoin de faire de scandale, les choses vont s'arranger.

Elle, elle pète les plombs, elle le dit d'ailleurs « si ça continue je vais péter les plombs », alors elle les pète, un par un, elle se lève et sa voix se colle sur le haut de sa gorge, elle éructe, elle nasillarde, elle se coince un peu à en pleurer des yeux. Elle bouscule, elle pousse, ce qui n'est plus possible n'est désormais plus tolérable, il faut que ça se sache, il faut que ça s'entende, il faut que ça se sente. Complètement hystérique cette pauvre fille.

Son ventre sec remonte sa ceinture bombée, comme dans un triptyque de Cranach, sa peau blanche s'étire sèche, se flasque. Elle en a porté trois, ils se sont développés à l'intérieur d'elle-même, elle a fait son devoir d'organe, elle a attendu, se serait résignée si elle connaissait le sens du mot désir. Cela fait partie de ce qui ne se discute pas.

Il ne regarde plus rien, il se baisse vers ses pieds et il souffle, tant de mots qui ne passent pas cette barrière de la langue, il pense en silence, tellement fort qu'on pourrait en décompter les syllabes. Les habitudes, les conventions, les automatismes, ceux qu'on accepte bien, ceux qu'on accepte moins bien, la vie porte à coche, tant de réflexions muettes et de résultats équilibrés.

Il raconte les toiles d'araignées, la femme de ménage pour 10 heures par semaine et l'évier qui colle encore. Le travail, c'est un esclavage, tu gagnes ta première paye et tu t'achètes une maison, alors après tu rembourses et tu dois encore travailler, tu gagnes et des gens comptent sur toi, c'est sans fin.

Puis retour à la normale.




1 commentaire:

Mater Tolosa a dit…

Non mais, vous rigolez et tout cela, vous ne savez pas ce que c'est, la joie de porter la vie pendant neuf mois, la joie de la chier drue ensuite, la joie de voir enfin le petit bout d'homme grandir depuis cet engrais originel, ce fumier que l'on a en soi, nous les femmes.

La charcuterie donne le cancer.

Les enfants peuvent mourir d'un coma éthylique.

Je pète un caaa-aaaa-a-aaa-ble. (Vocalises de la fausse colère).