mardi 30 septembre 2008

Ah les enculniks !

Oui, bah tout le monde pleure (moi la première) que les dinosaures ont disparu, et que c'est affreux les extinctions d'espèces et blabla (en même temps, par exemple, si le panda disparaît je m'en fous ; je trouve que c'est un animal idiot et je préfère les fourmis). Il faut pourtant savoir que les dinosaures ont eux-mêmes proliféré sur pas moins de deux extinctions massives d'espèces et ont fait leur lit comme on se couche sur les corps morts d'animaux qui n'avaient rien demandé.

Telles sont les conclusions d'une étude menée par Michael Benton de l'Université de Bristol. Après leur apparition, il y a près de 230 millions d'années, les dinosaures ont mis au minimum 30 millions d'années avant de devenir les fiers et divers et gros animaux que nous connaissons (façon de parler) aujourd'hui. Ils ont par exemple survécu à l'extinction du Trias supérieur ou Keuper (il y a 228 millions d'années) où 35 % des espèces vivantes alors ont disparu. Ensuite, il y a environ 200 millions d'années, à la transition entre le Trias et le Jurassique, une autre extinction de masse (50% des espèces ce coup-là) a fini d'assoir la domination des dinosaures sur le monde.

Même chez les dinosaures, les choses ne se font pas comme ça, ainsi le rappelle Michael Benton : « nous pensons que l'expansion des dinosaures s'est étalée sur presque 50 millions d'années et qu'elle ne fut pas un processus simple, facile à expliquer en faisant des généralisations ».

Ça se médite.








mercredi 24 septembre 2008

L'Europe signe "l'arrêt de mort de la riposte graduée"

Comme nous vous l'annoncions dès ce midi, la riposte graduée a bien été torpillée par le Parlement européen ce mercredi 24 septembre avec l'adoption de l'amendement 138 au paquet télécom. Dans un communiqué, l'eurodéputé français Guy Bono se félicite ainsi que le Parlement Européen ait voté l'amendement qu'il a co-signé avec Daniel Cohn-Bendit, "qui signe l'arrêt de la riposte graduée".

"L'amendement qui a été approuvé à une très large majorité (573 pour, 74 contre), précise que les autorités de régulation nationale veillent à ce qu'aucune restriction à la liberté d'expression et d'information d'un citoyen ne soit prise sans décision préalable de l'autorité judiciaire", explique le député européen socialiste.


"Cet amendement constitue une garantie afin que les dispositions du paquet télécom ne conduisent pas au transfert de missions de l'autorité judiciaire à des autorités administratives lors de la transposition par certains États membres malveillant dont la France, tout en prévoyant les exceptions nécessaires à la sécurité publique."


Dans les faits, il va obliger le gouvernement à abandonner le projet de loi Création et Internet ou à considérablement le remodeler, ce qui n'est pas la moins bonne nouvelle possible pour Christine Albanel, qui semblait déjà mise au pied du mur. "La meilleure chose qui pourrait arriver à Christine Albanel pour en sortir par la grande porte serait donc que soit voté mercredi au Parlement Européen l'amendement au Paquet Télécom qui doit interdire purement et simplement toute riposte graduée dans les pays membres de l'Union Européenne", écrivons-nous lundi. C'est fait.


"Aujourd'hui l'Europe apparaît comme le dernier rempart contre les velléités liberticides de certains Etats membres", s'enthousiasme Guy Bono, pour qui c'est aussi une victoire pour l'image que portent les citoyens sur l'Europe. "On ne joue pas comme ça avec les libertés individuelles. Le gouvernement français doit revoir sa copie!"


Précisons toutefois que le texte n'est pas encore définitif, puisqu'il sera renvoyé au Conseil avant une seconde lecture au Parlement, au plus tôt au premier trimestre 2009. Toutefois avec une telle majorité écrasante, il faudrait un tsunami pour que l'amendement soit supprimé du texte final.


Crédit photo : la Quadrature du Net




Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Khazars Kosher


Une grande cité khazare vieille de 700 ans vient d'être découverte près de la mer Caspienne.

Les Khazars sont un peuple semi-nomadique d'origine turque ayant prospéré jusqu'au XIVe siècle dans le nord Caucase, le sud de la Russie, l'ouest du Kazakhstan, l'est de l'Ukraine et l'Azerbaïdjan. Signe distinctif : les Khazars ont adopté la religion juive il y a plus de 1000 ans, chose qui condamna toute recherche archéologique à leur sujet sous Staline, le dictateur craignant qu'on puisse croire que les Russes descendent de Juifs - malédiction sur ta race.

Trop de testostérone, pas assez de sperme



Chez les moutons, un excès de testostérone en mode fœtal mène à trop peu de sperme en mode adulte - la nature est mal faite, quand même.

Dommage

Qu'il soit déjà pété




lundi 22 septembre 2008

Gros cul


C'est affreux. Il paraîtrait que plus t'es un gros con, plus tu es à même de gagner grassement ta vie. C'est en tout cas ce que révèle une étude publiée dans le Journal of Applied Psychology selon laquelle les hommes sexistes gagneraient en moyenne plus de $8.500 que les autres. Pour Timothy Judge, qui a suivi sur 30 ans 12 686 personnes, les hommes pour qui la femme doit rester à la maison sont enclins à exercer du pouvoir dans leurs relations personnelles (no shit ?), et cette propension s'en ressentirait dans l'open space : une femme soumise, étant, comme l'argent, une ressource comme une autre qu'ils s'évertueraient à gagner. Chez les femmes, c'est l'inverse : celles qui sont le plus « féministes » gagnent aussi le plus, soit une différence de $1.500 en moyenne. Personnellement, eu égard à l'extrême babouineté du travail, je suis pour son abolition pure, simple et complète.

dimanche 21 septembre 2008

Databank

Langues de pute



Les garçons seraient tout aussi enclins à l'agressivité indirecte (en gros, le langue de putage) que les filles. Voilà ce qui ressort d'une méta-analyse de148 études (soit 74000 enfants et adolescents) publiée ce mois-ci dans Child Development. « Ces conclusions vont à l'encontre du préjugé populaire voulant que l'agression indirecte soit une forme féminine d'agression » a commenté Noël A. Card, professeur assistant en études familiales et développement humaine de l'Université d'Arizona. De plus, la probabilité de faire usage d'agression directe quand est déjà familier de l'agression indirecte est plus forte (0.76) chez les garçons. Comportements qui seraient aussi liés à des soucis d'adaptation, de dépression, d'estime de soi basse mais aussi d'attitudes pro-sociales. Parce qu'on a toujours besoin d'amis pour putasser sur d'autres. CQFD






Résumé



Toute chose existe selon une fin : voilà une erreur de base de la pensée, un vice caché de la conscience, une illusion cognitive de l’espèce. Le cerveau humain produit des propositions où figurent des fins ; et de cela, il infère que tout existe de la même manière, que tout répond à une fin, à commencer par son existence bien sûr. Non seulement les trois derniers siècles d’enquête scientifique suggèrent qu’il n’en est rien, qu’ajouter des fins est inutile à la compréhension de la réalité et relève d’un acte de foi ; mais même ce que nous percevons comme nos « fins » conscientes expriment pour l’essentiel nos désirs inconscients. Que l’on regarde donc un cerveau humain fonctionner, plutôt qu’ânonner les mêmes généralités infalsifiables qu’ânonnaient nos ancêtres.


samedi 20 septembre 2008

Message in a bottle

Aujourd'hui, je tombe là-dessus et je lis :

En France, où on compte 210 000 IVG par an, les médecins ne sont «pas des militants anti-IVG qui s’enchaînent aux tables», reconnaît Françoise Laurant, mais les difficultés d’application de la loi, souvent liées à la réorganisation de l’hôpital, sont réelles. Acte peu valorisé (autour de 270 euros pour un avortement, 900 pour une fausse couche), rendez-vous tardifs, refus de l’IVG par certains établissements, manque de places disponibles… «c’est devenu un parcours du combattant» , s’indigne-t-elle. Le climat, lui aussi, a changé, estiment les féministes mobilisées pour ce colloque. «On sent une idéologie de la victimisation, précise Françoise Laurent. Devant le médecin, les femmes qui veulent avorter se justifient. Elles tombent dans une logique où elles demandent un service. Ce n’est plus un droit.»



Et je dis, oui, certes aloha, bonjour ? On vient de découvrir l'Amérique ?? Depuis quand l'avortement est-il un droit quand on est obligée de se fader une semaine de délai de réflexion ? Quand une bonne partie de féministes rappelle sans cesse qu'une IVG n'est pas anodine ou qu'on a de bonnes chances de s'en sortir déprimée (certaines avançant même le chiffre de 50% des IVG menant à une dépression - a trop peur), quand elles appuient le fait qu'un avortement n'est qu'une solution de secours, toujours un moment de détresse, et j'en passe... Quand elles se placent elles-mêmes dans une logique de justification et d'excuse, dans quel oeil est la poutre ?



mercredi 17 septembre 2008

Dora Belle is my homeboy

J'aime les mèmes. Ces petits virus mentaux qui se propagent parfois comme une mauvaise chtouille du genre : "il fait froid, la preuve que la terre se réchauffe", ou encore : "l'homéopathie, ça marche", en passant par : "Heidegger était un grand philosophe" - vraiment ça me passionne. D'ailleurs si je farcis ce blog de lolcats, ce n'est pas un hasard.

Alors quand ma partenaire de tango Elixie m'a proposé de rentrer dans sa chaîne (mmm, freaky !), j'ai hésité un peu avant de lui dire voui (mais elle est tellement irrésistible avec ses petites maracasses et son oeil humide...)

***
Le sujet du jour : à quelle personne connue je ressemble ? Là évidemment, j'ai répondu : à moi (hihi) comme jadis je ne me déguisais qu'en moi lors des fêtes costumées du temps où j'avais encore des amis en vrai. Mais Elixie m'a dit que cela ne marchait pas, qu'il fallait choisir quelqu'un de vraiment connu. Du genre, plus que par ma mère (quoi). J'aime ce ton désinvolte et si fun du blog.

Donc voici : je ressemble à Anton Chigurh. Preuve en images :



là, c'est quand je vais chez le coiffeur



là, c'est quand j'écoute France Info



là, c'est quand je vais chez Monoprix



là, je joue (avec mon chat par exemple)



là, c'est quand je prends le bus



là, quand j'attends le bus



là, c'est quand je me promène tranquille, sans but précis



et là c'est un résultat google images "Anton Chigurh", la preuve
***

Je repasse la patate juste à lui, pour qu'il me regarde avec cet air suspicieux que j'aime.







mardi 16 septembre 2008

Edit lol du post précédent


où il faut comprendre que l'idéal d'une réputation sur Internet, c'est d'être repris dans les médias verticaux
(pour ensuite créer une nouvelle "boule de neige" sur Internet)
((parce que tu vois, le consommateur, ce qu'il veut, c'est être VIP))

lundi 15 septembre 2008

Mais oukison les netocrates ?

Depuis que j'ai traduit le livre d'Alexander Bard et de Jan Söderqvist, j'ai mis le bout du pied dans un monde que je connaissais auparavant relativement peu : celui des entrepreneurs en NTIC et autres post-yuppies cools. Comme je l'avais déjà remarqué lors de mon passage en Suède à un salon pro du secteur, les vrais netocrates, tels que les décrivaient Alexander et Jan – le premier était d'ailleurs décidé à ne plus y remettre les pieds (jusqu'à preuve du contraire, il a tenu parole), quand le second s'enfonçait encore un peu plus dans son cynisme lunaire –, n'étaient pas légion.

De retour en France et au moment de la sortie du livre, je me suis un peu occupée de sa promotion et j'ai été amenée à rencontrer ceux qui était censés le plus s'approcher du concept, en particulier au sein de cette fameuse blogosphère influente dont on entendra certainement parler d'ici peu, et pas qu'en bien (ceci est du teasing).

Ce que j'en retire, pour l'instant : rien. Ou si : que le premier netocrate n'a pas encore vu le jour dans notre si beau pays qui se demande encore si fermer les accès wifi pourrait-être une bonne chose pour protéger les royalties de Michel Sardou – à quelques exception près. Celui qui était censé nous sortir du capitalisme, de la politique verticale, de l'Etat-Nation, de l'humano-humanisme, nous montrer l'ère nouvelle où l'argent n'aurait pas la valeur de l'information (l'information de qualité, talentueuse, précisent maintenant les deux Suédois alors qu'une masse de signaux plus merdiques les uns que les autres nous arrivent sur le coin de la gueule) est toujours aujourd'hui lettre morte dans un milieu où une plateforme permettant de « converser » en vidéo est vue comme le nec plus ultra de l'innovation (please, kill me) et où les blogueurs influents se lèchent les uns les autres entre consanguins, afin de nous montrer comment, trop drôle, avoir son avatar en manga ou sa tronche avec une coupe de cheveux 50's a vraiment un-sens-tu-vois au niveau de ce-que-tu-es.

Cette élite supposée ne fait rien d'autre qu'appliquer les mêmes schémas que ceux qui ont fait crever son ancêtre à col bleu avant elle. Comme toujours, j'assisterai aux funérailles avec mon air moqueur.

***

Travaux pratiques :

Comme tous les jours ou presque, je me rends sur le blog d'Mry que je considère, du haut de ma petite personne, comme le parangon du blog pourri (d'un genre grave) et je tombe là-dessus.

J'écoute, je m'avale 12 Deroxat et si je résume bien la chose, ça donne que :

> c'est pas juste, les blogs de fille (entendez : carnet plus ou moins intime d'une pétasse au QI à deux chiffres, se croyant souvent super drôle pour les plus vieilles d'entre elles car il faut bien contrebalancer la perte de souplesse vaginale) soient sous-représentés dans les palmarès et autres classements de blogs

parce que :

> un blog de fille c'est tout aussi influent parce que ça reçoit des invitations à des événements et des cadeaux (plein, même)
> un blog de fille, ça parle pas peut-être de politique (ça n'en parle JAMAIS d'ailleurs, selon l'experte) mais c'est mieux écrit que les blogs de garçons (qui parlent TOUJOURS d'iphone) qui font plein de fautes (mais qui ont la décence, au moins, de ne rien surligner en rose)

je passerai sur le côté misogyne de l'effet de la chose, au fond, je ne suis misogyne que contre les femmes qui sont à elles-mêmes leurs propres stéréotypes je n'y peux rien, mes restes de féminisme me disent que c'est une honte d'être conne, superficielle et fière de l'être (d'avoir un blog, par exemple, pour le crier à la face du monde, en le surlignant en rose)

Qu'en retenir ? Qu'un blog influent se définit par sa soumission, et sa servitude volontaires :

> soumission à l'audience : comme pour TF1, le bien est le visité, plus t'es visité plus t'es bien, aucune notion de qualité de contenu (le talent-generated content de Bard), ce qui compte, c'est la vieille rengaine verticale du parler au peuple (parce que le peuple en a besoin)
> soumission au capitalisme marchand et à son pouvoir symbolique : c'est
trop classe d'être invité chez L'Oréal pour recevoir la dernière crème décolorante pour duvet de moustache, c'est trop classe d'être invité chez Danone pour voir Zidane faire le gentil qui aime les enfants gentils qui mange du yahourt (gentil)


En bref, pendons le dernier blogueur influent avec les cheveux de la dernière blogueuse-de-blog-de-fille et Internet aura peut-être encore de belles années devant lui.



mercredi 10 septembre 2008

Inachevée

La famille est une conspiration disait Nizan. Un monstre froid, mou et tyrannique, un poulpe mort, une méduse échouée et à demi-pourrie. Le genre de truc qui colle et dont on se débarrasse, soit en pontifiant en grand roman familial provincial et plein de bonnes formules reader-digest qu'on se racontera sur douze générations et quatre cent cinquante deux personnages (en se grattant le velours côtelé et les pulls à cerf), soit en bataillant ferme à bras le corps, quitte à prendre le risque que ça dégouline. Ce risque, Sarah Chiche l'a pris, et s'en est magistralement démerdée. Car un roman familial, premier de surcroît, roman de rentrée littéraire et figure d'auteur à « fort potentiel médiatique », la pente était plutôt savonneuse. Raconter les histoires d'une pauvre petite fille riche, « Cosette chez les CSP+ », en moins de 200 pages, grosse casse, cela aurait suffi pour crier à l'énième bouse de pétasse auto-centrée et pour rigoler du coin de l'œil (hi hi) avant d’envoyer le dispensable ouvrage au pilon de ceux-qui-savent. Ce réflexe, je l’ai eu, sur une page, avant de me faire prendre, sans en être encore aujourd’hui tout à fait remise.

La langue de Sarah Chiche prend, elle prend tellement que cela devient monstrueux comme l'histoire qu'elle raconte, mains moites, cœur battant et respiration haletante. A tel point que je me suis demandé quelle machine avait pu créer ce style parfait et musical à te crever les tympans (à moins d’être déjà sourd) mis au service de cet univers d’écrivain si dense, concentré et lucide. J’en ai eu un syndrome de Stendhal, comme diraient les autres-qui-savent-aussi : quand le corps prend le relais et que l’esprit (je n’ai beau ne pas être dualiste, la métaphore est parlante) ne va pas assez vite. Pas assez vite devant le sentiment d’être là devant un chef d’œuvre, à tourner les pages et à tenter de ne pas glisser des yeux, tenir littéralement à bout de regard une déferlante d’émotions comme j’en ai rarement eues en littérature. Sensations qui ne se démentent pas à la relecture, qui s’affinent et se renforcent à mesure que se fait comprendre toute l’étendue du concept.

Car cette demi-destinée d'Hannah Epstein-Barr, quart de mondaine buvant la tasse, tous les jours un peu plus engluée dans le béton jamais sec d'une famille où se croisent un grand-père déporté, une grand-mère cacochyme, un père mort trop tôt, et au milieu la mère à majuscule histrionique, violente, elle-même descendante d'une lignée de malades et qui décide un beau jour de couper définitivement Hannah de toute la moitié de son héritage, finalement, j’aurais pu m’en foutre. Comme je m’en fous des histoires de 97% de mes contemporains, clichés plus ou moins larmoyants, dispensables et renouvelables comme une prescription de psychotropes et autres excuses qu’on se cherche pour ne pas vivre sa vie. Évidemment, l’empathie y a joué son rôle dans cette « révélation » de lecture : le rôle secondaire d’expériences communes avec l’héroïne, le voisinage de la folie, les cercles sociaux putrides, la certitude de porter au cœur de mes cellules la grosse partie d’un génotype de cadavres. Ces « racines de morts », comme l’a merveilleusement écrit Lola Lafon.

« Ma mère voulait une fille non séparée d'elle », se pose la narratrice. « J'adore être enceinte, m'avait-elle dit. Seulement, voilà : j'étais sortie d'elle et le trou laissé par ma venue au monde l'avait rendue carencée, inconsolable et impuissante. ». Étouffant chez les « racines de morts », Hannah cherche l'air vainement plus frais du mariage où l'époux prend « Fahrenheit 451 » pour le nom d'un parfum pour homme. Une farce, comme cette vie d'expatriée du bout du monde, dans un Singapour où l'on déguise les suicides de boniches surexploitées en accident de lavage de carreaux. Pendant les trois-quarts du roman, la tête d'Hannah est maintenue fermement sous l'eau, toujours un peu plus, comme si cela était encore possible, jusqu’à l’atélectasie. Elle s’en sortira via l’effondrement final, l'épiphanie, et la seconde moitié de son destin restera dans les pages à écrire. Moi, j’en suis encore sidérée.

« L'inachevée » fait parfois penser au S. Tahla du « Ravissement de Lol V. Stein » de Duras, pour ses pages éthérées de vision d'asile de fous, pour sa narration de biais, d'autres fois on se rappelle Pascal Quignard et son écriture baroque, grasse et charnelle, avant que d'autres passages secs et pour certains frôlant le burlesque pince-sans-rire ou de surprenante destructurations, nous fassent dire que l'écriture de Sarah Chiche nous a bien donné à lire, sur un plateau d'argent, un « roman sur rien » des plus magistraux. Sans oublier les petites cuillères qui vont avec.


Sarah Chiche, L'inachevée, Grasset, 177p, 14,90 €

vendredi 5 septembre 2008

Un titre

Ok, elles ne sont que 16, et elles sont Belges, mais les femmes ayant participé à cette étude ont montré qu'il était possible de lier la façon de marcher à la capacité de ressentir un orgasme vaginal. En particulier, en fonction de l'importance de la rotation pelvienne et de la largeur de l'enjambée. Une rééducation de la posture et de la démarche pourrait donc aider les femmes souffrant de dysfonctions sexuelles.


(oui, il y avait "montre-moi comment tu marches, je te dirai comment tu jouis" mais je ne voulais pas me faire honte à moi-même)

jeudi 4 septembre 2008

Anecdote

Un jour, je croise un débile mental (voire deux, je ne sais plus trop) qui me di(sen)t :

- Oh, vous étudiez Nietzsche ! Et cela ne vous fait pas peur de voir toutes ces horreurs qu'il a inspirées ?


Je dis : "lol, petit(s) débile(s)", et m'en vay en dansant.


Aujourd'hui, je reçois le dernier glaviot ouvrage d'André Pichot, intitulé "Aux origines des théories raciales, de la Bible à Darwin" et j'hésite quand même très fort à rire, là.

mercredi 3 septembre 2008

Battle Royale

Personnellement, au niveau de moi-même je trouve ça cool de parler dans les journaux, dans la presse, dans les magazines et bla bla blah de trucs qui ont plus de deux semaines de vie. Je dirais même que si c'était une habitude plus répandue, et bien les choses changeraient peut-être, au niveau de la dictature de l'actualité et autres immédiatismes obligatoires.

(oui, c'est drôle le style Eric Zemmour)

(Et merci à Lilly Lamb de m'avoir scannay l'article.)