mardi 5 avril 2011

Les filles des 343 salopes vont bien, merci


Plus de 200 000 femmes avortent chaque année en France.

Cet acte, pratiqué sous contrôle médical, est des plus simples. Pourtant, le parcours des femmes qui avortent, lui, l'est de moins en moins :

Le droit à l'IVG est menacé : en pratique, par la casse méthodique du service public hospitalier, et dans les discours, car l'avortement est régulièrement présenté comme un drame dont on ne se remet pas, un traumatisme systématique.

Ces discours sur l'avortement sont des slogans éloignés de ce que vivent la grande majorité des femmes, ils ont pour but de les effrayer et de les culpabiliser.

Nous en avons marre que l'on nous dicte ce que nous devons penser et ressentir.

Depuis le vote de la loi Veil en 1975, a-t-on cessé de prédire le pire aux femmes qui décident d'avorter ?

Nous en avons assez de cette forme de maltraitance politique, médiatique, médicale.

Avorter est notre droit, avorter est notre décision. Cette décision doit être respectée : nous ne sommes pas des idiotes ou des inconséquentes. Nous n'avons pas à nous sentir coupables, honteuses ou forcément malheureuses.

Nous revendiquons le droit d’avorter la tête haute, parce que défendre le droit à l’avortement ne doit pas se limiter à quémander des miettes de tolérance ou un allongement de la corde autour du piquet.

Nous disons haut et fort que l'avortement est notre liberté et non un drame.

Nous déclarons avoir avorté et n’avoir aucun regret : nous allons très bien.

Nous réclamons des moyens pour que le droit à l’IVG soit enfin respecté. Nous réclamons son accès inconditionnel et gratuit mais également la liberté de faire ce que nous voulons de notre corps sans que l'on nous dise comment nous devons nous sentir.


13 commentaires:

Natacha a dit…

Oui...

Certes.

Je reconnais bien là votre fougue juvénile :)

Mais ce n'est pas si simple...

Dans ces sujets délicats, il faut savoir avancer avec mesure.

Le propos : " la liberté de faire ce que nous voulons de notre corps " pose tout de même question dans la mesure où justement, dans ce corps, en l'occurrence, il y en a un autre qui ne peut pas exprimer sa volonté.

Il faudrait donc pouvoir dire : " nous revendiquons la liberté de faire ce que nous voulons de ces corps dont au moins un nous appartient".

C'est ce qu'on appelle être " porteuse " de la vie. Dépositaire, n'est pas équivalent à propriétaire.

Mérite circonspection,

non ?

Amitiés.

Anonyme a dit…

Toi tu as avorté et ta mère devait probablement être ce que tu appelles une "salope" pour appeler le petit ange que tu étais en 1981 "Peggy" alors que Peggy la cochonne triomphait sur les écrans...

Et ton père dans tout ça ?
La tête de mort autour de ton cou est donc celle de ton bébé mort...

Va mettre un cierge dans l'église la plus proche de chez toi et fait une prière pleine de larmes pour ton bébé avorté et tu seras pardonnée...

Tu es une victime de plus de notre époque post-soixantuitarde...

L'avortement a été légalisé à un moment où soit disant il y avait 1 million d'avortements clandestins en France avec beaucoup de complications sanitaires pour les femmes "délinquantes". Aujourd'hui c'est autour de 400 000 avortements "légals" par an (toi tu dis 200 000).
Un progrès ? Oui et non.
Moins de morts (peut-être ?), mais moins de mauvaise conscience a priori et trop de naïveté aussi, ce qui du coup déclenche un torrent de culpabilité ou de mauvaise foi après l'avortement, quand la conscience s'éveille.


La solution est dans l'abstinence sexuelle. Ton livre No sex prouve que tu as fait le travail intérieur et que tu as compris et intégré cette solution.

Tu es donc prête pour être pardonnée et pour donner enfin la vie, pour donner naissance à un nouveau bébé que tu aimeras avec beaucoup de respect et qui rachetera toutes tes "erreurs" de jeunesse...


Bon courage Peggy la gothique...
Et attention à la masturbation : ça rend fou et malade ! Fais du sport !

Tu as dû beaucoup souffrir au fin fond de ton coeur car l'avortement est tout sauf un geste anodin, c'est un crime mais ça tu ne le savais pas et personne ne te l'avait dit.

Tu es donc coupable mais pas responsable même si tu es responsable du coït à l'origine de ta grossesse mais il n'y a pas à ressentir de la culpabilité pour ça, c'est la force de la Nature qui veut que ce soit ainsi et quand on est jeune c'est pratiquement impossible de résister à la tentation sans avoir reçu une solide éducation religieuse ou psycho-médicale.
Responsable de ta grossesse et coupable de ton avortement donc mais pas coupable d'être tombée enceinte et pas responsable de la mort de ton enfant pour autant...
C'est un peu tordu mais c'est pourtant la vérité émotionnelle, morale et juridique.

Détend-toi et lutte contre l'inconscience qui plane autour de l'avortement et contre le féminisme désincarnée qui alienne les jeunes filles et les montent contre les hommes au lieu de leur apprendre à canaliser le désir dans leurs veines par la sublimation (sport, art, religion, amour maternelle, mariage chaste, yoga, travail social, etc....).
Tu as déjà commencé ce travail d'ailleurs avec ton livre sur le féminisme mais tu n'as pas touché le coeur du problème avec des mots clairs et précis, tu tournes autour...

Tu as beaucoup de talent créatif et c'est ton avortement qui en est à l'origine. Ce sacrifice a donné naissance à plusieurs livres. Tu as laissé tuer un petit être innocent qui poussait dans ton ventre mais maintenant avec tes livres tu cherches à sauver ton âme et celle des autres.
Mission accomplie !
Moi tes livres m'ont aidé alors ça suffit !
Il est temps de te pardonner !...
Et de pleurer, à chaudes larmes...

Pâques, la résurrection...
Ta résurrection ?
Tu y es presque, encore un petit effort...

Avec affection.
Jome

PS a dit…

@ Natacha : vous avez beau reconnaître ma fougue juvénile, vous vous êtes trompée, car le texte n'est pas de moi (ni un peu ni beaucoup), je me suis contentée de le signer et de le faire connaître.

Quant à l'autre qui ne peut pas exprimer sa volonté, pourquoi sous-entendre alors, par défaut, que sa volonté soit "positive", c'est-à-dire qu'il ait plus non-envie de naître que non-envie de ne pas naître ? Hum ? Le jour où un fœtus fera passer par voie basse une petite enveloppe à sa mère pour lui dire ce qu'il en pense, je changerai peut-être d'avis.

Sinon, votre raisonnement vaut aussi pour les tumeurs, les kystes, etc., tous ces amas de cellules vivantes que des médecins sans vergogne extraient tous les jours de leurs corps-hôtes sans se demander si, par hasard, ils n'avaient pas non-envie de rester là où ils étaient et de se développer bien tranquillou.

Bref, je dévie un peu, mais c'est ce que m'inspire votre circonspection.

@ Jome : continuez, vous me faites beaucoup rire. Néanmoins, vous m'avez l'air d'être un spectateur télévisuel bien fantaisiste, car ce n'était pas "Peggy" la cochonne qui triomphait sur les écrans, mais "Piggy". A votre bon cœur, et en vous remerciant encore pour cette bonne barre de lol matinale.

Anonyme a dit…

Bon...
Je voulais pas te faire rire à la base mais pleurer.

Mais en même temps vouloir guérir l'inconscient d'une "filliste" au printemps, c'est comme vouloir remonter le moral à un mec qui sort de prison...
Aucun sens et complètement débile...

Sur ce, je t'en remets à tes hormones saisonnières très chère...


Et comme dirait l'autre :
"L'amour ça mord, l'amour c'est mou
L'amour ça meurt à la mi-août
Sans mots sans remords ni remous"

Alors attention aux illusions hormono-estivales, surtout que des "tâches" solaires s'annoncent dans les mois qui viennent... L'été sera chaud-show donc...


Et comme moi j'dis : "L'avenir appartient aux enculés et aux suceuses continents, car ils prennent tout et ne donnent rien, hormonalement parlant..."

Alors bonnes sodomies et bonnes fellations toi qui souffre de volonté de puissance hitlero-hystérique...

Et quand ça ira mieux, bonne grossesse (grosse cesse) pour connaître la joie d'être enceinte (en sainte) et découvrir enfin l'amour asexuel avec ton enfant...


Salut
Jome


PS : Je tiens à préciser que je n'ai rien contre Hitler... Qu'on ne me prenne pas non plus pour un anti-germanique primaire, les amalgames font rages par les temps qui courent et la police de la pensée rode alors une précaution vaut mieux que deux tu l'auras dans le cul car l'âne allemand traîne partout ou l'anal m'entraîne partout, c'est toi qui choiz'. Y en a qu'on choisit les deux, comme les juifs nazis sodomites de Tel Aviv par exemple...

Anonyme a dit…

Je te laisse regarder à quoi ressemble ton kyste qui ne t'a pas informé par courrier de son désir de vivre : no need to argue

http://www.avortementivg.com/article-20431745.html


Et je te le répète une nouvelle fois ici, tu n'es pas responsable car tu ne savais pas.
Mais maintenant que tu sais, il faudrait créer un néo-féminisme qui se battrait contre cette inconscience. Tu as l'expérience, l'intelligence et la plume pour le faire ! Et en plus, tu en as l'envie rageuse au fin fond de ton coeur, je le sens : tu veux qu'ils payent pour l'ignorance dans laquelle on t'a bercée.

Il ne manque plus que le courage...

Et si un jour tu as besoin d'aide, je suis là : jome@free.fr

J'ai 35 ans et je suis père d'une petite fille de 5 ans.


Ta culpabilité n'est pas culturelle, elle est hormonale et saine.
Accepte ta culpabilité et transcende là en combat politique responsable pour que l'avortement ne soit plus considéré comme l'ablation d'un kyste...


L'heure des grandes révélations a sonné.
Internet oblige !

Je t'embrasse et que la force soit avec toi !
Jome

Anonyme a dit…

On ne va jamais aussi loin [dans le morbide] que lorsqu'on ne sait pas où l'on va.

Et on ne va jamais aussi loin [dans la vie] que lorsqu'on sait où l'on va.

Maintenant tu sais !


Bizz.
Jome

Lt.Col. Hindsight a dit…

Très chère Peggy,

En m'inscrivant d'epblee dans le t(h)on: tu as eu le groin fin, en voici un beau sujet :-)
Et du thon au cochon, tout le monde sait qu'il y a un pas que même Darwin n'a jamais osé franchir :-D

Sorry, ça fait deux ans je lis ce blog et que mes références kermitto-christo-muppets me démangent :-)

Pierre, sur ce caillot je bâtirai mon argumentation :-)
Ahemmmm...

Tout ça pour dire que quelquepart, c'est quand même dégueulasse que d'immorales petasses se fassent avorter pour se payer un iPhone, aussi connu sous le nom de JesusPhone, au lieu de songer et à leur destinée biologique et surtout à nos pensions à nous, nous les futurs petits vieux du monde, déjà ébranlés par les chocs économiques ambiants. Pitié pour nous, pauvres pêcheurs, ô toi agneau de Dieu, avant de propicemment passer à la broche de saison, pourrais-tu nous garantir notre pension et la sureté de nos investissements sans accroissements de la population? Parce que bon, soyons honnêtes, déjà que les petasses avortées qui s'affichent écouteurs aux oreilles, ça nous est fort pénible. Alors, excusez-moi, moi je ne suis pas raciste moi, mais quand même, quand en plus on finance les JesusPhone des bougnoules avec nos pensions, ça nous gave.

La source du problème, et c'est ici où nous bouclons la boucle sur une conclusion moins comique mais tout aussi caricaturale, c'est que fort peu d'hommes passent jamais par une épreuve aussi dure que celle de la mère celbataire, qui demande autant de régularité et de résistance.
Rien de tel qu'une bonne petite guerre pour rétablir l'egalité des sexes :-)

Les filles des 343 a dit…

Les commentaires font un peu peur. Mais je laisse quand même l'info de l'ouverture du blog des filles des 343

là : blog.jevaisbienmerci.net

pour partager et agir ensemble

Christine

Anonyme a dit…

.

Je viens d'apprendre qu'il y a des femmes qui se font avorter et qui vont bien et non seulement ça ne m'étonne pas, mais ça me fait prendre conscience du fait que je vais très bien.

« Bernard »
Pilote d'hélicoptère,
Spécialité : visite chez les sauvages.

.

Ludivine a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Ludivine a dit…

Vraiment, certains commentaires sont effrayants. J'en ai des frissons partout. Brrrr!

Trêve de plaisanteries. Pour continuer dans le sujet: ce soir sur Arté à 21h35 on retrouve nos salopes préférées dans "Nous avons avorté": 1971 - Le manifeste des salopes.

Mes amitiés
Bisous, bisous

Anonyme a dit…

Et l'avortement post-natal, vous êtes pour ou contre ?

Aurélie a dit…

Des commentaires effectivement d'une autre dimension, de notre époque mais d'un autre monde...

Toutefois, de ce texte je ne retiens qu'une chose qui me blesse, sans doute mal comprise mais du coup mal posee : une sorte de négation de la souffrance que j'ai pu vivre.

Et 6 ans après, je reste malgré moi conditionnée par l'éducation que j'ai reçue, parents, pays où j'ai vécu, je ressens de la culpabilité et donc de la souffrance. je me bats contre moi même des que j'entends parler d'avortement, pour oser témoigner et dire que j'ai fait ce choix qui lui est formidable.

La souffrance existe, mais me laisser ce choix à été fantastique. C'est ce choix qui est une chance et le défendre c'est ma guérison.

Les mots sont difficiles à trouver pour défendre ce choix, les commentaires en témoignent. L'avortement est quelque chose de profondément intime qui concerne la femme , une décision purement personnelle, n'appartenant qu'à notre sexe... Un poids qui repose sur nous seule au moment où nous décidons d'avaler la pilule avec notre verre d'eau à l'hôpital. Une décision que l'on doit prendre en quelque jour et qui pour moi à été évidente.

Alors oui Bernard, 6 ans après dieu merci, je vais bien. Le jeune homme qui m'a abandonné juste après la petite pilule va sans doute bien... Lui, ne porte ni le poids de la pilule, ni le poids des remarques pleines de haine, ni de certaines maladresses d'un texte trop court et peut être trop vindicatif.

Mais oui, 6 ans après j'ai la forme, j'ai une vie super cool et j'ai eu le droit de faire ce choix !