jeudi 5 juin 2008

Le Jacky show

Alors c'est l'histoire d'un mec qui s'appelle Jacques Testart et qui a faim. Du genre, grave la dalle. Le problème, c'est que Jacky, c'est une grosse feignasse qui ne veut pas descendre s'acheter quoique ce soit, et préfère cuisiner des placards, on verra bien ce que ça donne. Plus t'en mets, plus t'en as, et si tu touilles, ça finira bien par être potable.

Commençons par la peur des robots (oui, le robot robotisé sans âme et sans conscience qui fait tout pour supplanter les humains et leur ravir le contrôle de la planète). Par exemple la caméra de surveillance (ouais ! bon choix Jacky, ça fait super flipper ça !). Pas la petite caméra pourrave de ton Arabe du coin, que ça se trouve elle marche même pas, vu qu'elle sert à se réfléchir dans le rétroviseur braqué sur la caisse, non non. La caméra intelligente, celle qui t'arrête le voleur parce qu'elle a analysé sa « gestuelle équivoque ». Pas de bol pour Jacky, les caméras intelligentes, ça n'existe pas. Derrière une caméra qui alerte sur tel ou tel comportement équivoque, il y a toujours un programmateur qui, en amont, a entré les paramètres d'équivocité et, en aval, un agent de sécurité chargé d'analyser les signaux envoyés par la caméra. La caméra qui détecte le terroriste et lui envoie direct un missile sur le coin du pif, on attend toujours.

Bon, caramba encore raté. Passons à la biométrie (trop bon ! rentre leur dedans, tout le monde a peur de la biométrie, on n'est pas des numéros, on est des hommes libres de péter la gueule à des portiques de cantine ! oué !). Là-dessus, Jacky, appelle un copain, Gérard Dubey (c'est un anthropologue), qui dit « un siècle seulement après l'avènement de la biométrie les repères ont évolué, de l'être identifié socialement jusqu'à l'être défini biométriquement ». Alors, là, moi, lectrice, soit je suis con (possible), soit ça veut rien dire. D'où le questionnement légitime de Jacky (qui semble aussi de pas avoir compris des masses) : « Combien de temps faudra-t-il, après l’avènement de la génétique moléculaire, pour définir les êtres génétiquement ? Et en quoi le critère génétique est-il différent des critères biométriques classiques ? ». Bah comme on en sait rien, Jacky va changer de sujet.

Parlons maintenant des jumeaux, se dit Jacky. Pas que ça fasse si peur que ça (oh, hey, Jacky, t'as vu Faux-semblants ??), mais ça permet toujours de faire remarquer qu'une enquête policière se fondant sur l'ADN (« la reine des preuves ») et dans laquelle le suspect aurait un frère jumeau, bah je ne vous raconte pas le bordel, car si deux jumeaux ont le même ADN ils n'ont pas les mêmes empreintes digitales. D'où il ne faut plus juger les gens sur leur ADN, vu qu'ils peuvent toujours avoir un jumeau dans la nature. Ah, la reine des preuves, Jacky, il te la casse en deux !

Ensuite, bon, Jacky pense qu'on se pète de trouille quand même assez pour courir en rond et s'essouffler de la clochette, mais que cela n'empêche pas qu'il va en rajouter une louche. L'ADN à usage médical (uh ! Tu veux dire Gattaca ?? - Non, attends, Jacky y vient ensuite). Donc utiliser l'ADN à des fins médicales, c'est pas bien, vu que c'est d'une « telle complexité », qu'au mieux on aura une prédiction statistique (du genre : ta mère, ta tante et ta grand-mère sont mortes d'un cancer précoce du sein, tu es porteuse du gène muté de prédisposition au cancer précoce du sein, rassure-toi te dit Jacky, tu n'as que 98 % d'avoir un cancer précoce du sein). Jacky, il ne dit pas « en l'état actuel de nos connaissances », du style, plus on fera de recherches, plus on affinera les statistiques, plus on aura des prédictions fiables. Non, Jacky il dit : « cette connaissance risque de demeurer statistique : il va être surtout possible de mettre en regard les particularités infinies de l’ADN avec des constats épidémiologiques (sur le mode : la plupart de ceux qui montrent telle particularité de leur ADN sont aussi ceux qui sont affectés par tel handicap ou avantage) afin de poser des probabilités de réalisation en fonction de chaque génome et de son exposition à des environnements définis. ». T'as peur ? T'as pas peur ? T'as encore rien vu.

Statistique>Galton>Eugénisme>Camps de la mort. Tu ne saisis pas très bien l'équation ? Jacky t'explique. Francis Galton, cousin de Darwin, était statisticien. Galton a inventé le terme d'eugénisme. Et les Nazis se sont réclamés de l'eugénisme pour justifier leur politique raciale et l'extermination des indésirables juifs, tziganes, slaves et homosexuels. Ouais, je sais, moi, perso, je me suis fait pipi dessus.

C'est bien parce que je tiens au bien de mon blog que je continue la lecture. Sinon, je me serais déjà autocongelée d'effroi. Le sais-tu qu'il y a des « généticiens [qui] s’efforcent de découvrir des marqueurs non pathologiques (humeur, sexualité, voire même quotient intellectuel... ». Lesquels tu demandes ? Et où, en plus ? Non, Jacky ne te le dira pas, Jacky préfère laisser planer le doute, et les trois petits points, tu en sais déjà trop. Pour t'achever, sache que ton président, oui, le même qui voudrait te faire travailler le dimanche, pense que les « gènes (...) contrôleraient même l’homosexualité » et qu'il s'est « assuré le conseil du Pr Arnold Munnich, lequel est aussi l’éminence grise des analyses moléculaires pour détecter des pathologies, en particulier à l’occasion du tri des embryons. (tiens, Carla est enceinte ?).

Avant de vraiment en terminer, et te laisser choisir la corde pour te pendre, Jacky te précise que « la biométrie a toujours fonctionné à la peur » (contrairement aux analyses de Jacky) et que de « 'détail' en détail se construit un monde qui pourra nous annoncer 'Bienvenue à Gattaca !' » (je t'avais dit qu'il allait en parler), un monde contrôlé par des multinationales aux couteaux entre les dents : « Quel but poursuit donc Google en investissant, en 2007, 4 millions de dollars pour analyser l’ADN des internautes et constituer ainsi une grande base de données sur l’information génétique ? » Un but certainement très vil, te souffle Jacky, comme par exemple « des utopies thérapeutiques ('gènes médicaments') ou industrielles (plantes transgéniques), (...) cabinets d’assurances (niveaux des risques), (...) officines d’orientation scolaire et professionnelle, et finalement (...) la résurgence de mythes fabuleux (surhomme, clones, chimères...) ».

Mais ne te hâte pas trop vite, malheureux, ce sombre avenir n'a rien à voir avec « les heures les plus sombres de l’histoire » ou « la purification par la race ». Non ! « les enjeux sont aujourd’hui bien différents, et tout aussi graves ». Oui ! Car « l’économie néolibérale n’a aucun besoin de stigmatisations raciales tant elle s’attache plutôt à découvrir les meilleurs éléments disponibles dans chaque communauté humaine, et à rejeter ceux qui lui semblent peu aptes à contribuer à la 'croissance compétitive', quelle que soit la couleur de peau des uns et des autres » et parce que notre dirigeant rêve « de constituer une société d’individus sélectionnés pour leur compétitivité ». Entends-tu, citoyen ? Le bruit des bottes et des poches qui clinguent ?

Pas de bol, Jacky, ils sont tous morts, et je me demande qui va maintenant te servir la soupe.



2 commentaires:

bug-in a dit…

Votre critique serait intéressante si elle n'était pas pourri dans le style. Le site http://www.mutageneses.com/, par exemple est bien plus attrayant et donne au moins envie d'être lu. Tandis que votre article semble tellement habité par la haine ou l'ironie, genre je me fous de ta gueule, qu'on se demande bien qu'es ce qu'il peu valoir en terme de qualité argumentative.
SI j'ai bien compris votre critique, elle se résume à :
_jacques testard voudrais nous faire peur, et ça c'est le mal.
_J T décris des choses qui n'existe pas (des caméras dite intelligente) pour appuyer son argumentation. (Mais vous faites la même chose en prédisant ce que la science nous apporterai [et qu'on ne voit tjs pas]). Malheureusement pour vous, JT dit "dite" intelligente, et non pas "intelligente". On sait trés bien que la caméra ne suffit jamais. Mais c'est le terme qu'emploi ses producteurs... JT prend bien le soint de dire "dites", vous vous ne faites pas dans le détail.
Une recherche rapide, pourtant à "caméra intelligente", vous prouvera que cette apellation existe (http://www.techway.fr/vision-video/camera-intelligente.php).

peggy a dit…

Bug-in : vous avez tout compris à mon post, même si votre commentaire est pourri de fautes (oh la basse vengeance). Parce que je pense que JT fait du style, et du mauvais, je lui "réponds" de même : saisi le concept ?

Sinon, pour les caméras, je vous remercie, mais je connais le sujet. Connaissez-vous la différence entre un signifiant et un signifié ? Bon, je vais faire semblant que oui. Alors le signifiant "caméra intelligente" existe, c'est même un terme de marketing (et voir que JT farouche pourfendeur du néolibéralisme qui nous déshumanise se vautre dans la veule séduction du marketing, franchement, ça me choque) mais le signifié,non,ce ne sont que des caméras augmentées de logiciels,même pas super fiables. Elles ne savent pas différencier par exemple le terroriste en repérage et le type qui vient de se faire poser un lapin et qui fait les cent pas dans son aérogare ; vraiment, tout fout le camp on vous dit...

Euh, et sinon, je n'annonce rien, relisez un peu ce blog (si vous en avez le courage) et dites-moi où je me la joue prophète. S'il vous plaît.

P.S. : mais vous avez quand même raison sur un point, mutageneses c'est très bien