mardi 8 juillet 2008

Compost

Longtemps (non je ne me suis pas couchée de bonne heure, ah ah, ça commence bien), j'ai été dégoûtée de la littérature. Pour les datations au carbone 14, faisons remonter la chose en 2002 – dernier commentaire du dernier poème en face d'examinateur payé pour examiner si j'avais tout bien compris le concept de la virgule. C'est que ça laisse des traces ce genre d'études, avec des bêtes à concours et des professeurs aussi froids que de la pisse de chat mort. Au point que dans ma tête, à cette époque-là, je m'imaginais des voies royales, réellement, dans les faits, tapissées de tapis rouges.

Après le traumatisme se comprend facilement : tu as ceux qui passent la barrière, et ceux qui restent derrière les barbelés, se demandant tout de même pourquoi, au contraire des rats, certains n'ont pas proposé leur corps en guise de courte échelle. Car à toute chose, malheur est bon, c'est le genre de sentences qu'on te ressort comme une soupe de la veille, en te disant, tu verras, tu comprendras, plus tard, que toutes les paillettes n'avaient pas valeur d'or.

Très vite, en effet, la leçon colle au cortex. Ça ne voulait rien dire, tous ces coups de règle à la volée : personne n'en sait rien pourquoi telle rime chez Rimbaud, il suffisait d'écrire un peu pour saisir l'inanité sonore (oh la la, non, stop). Et même si Umberto Eco avait bien tenté de leur faire comprendre qu'un mythe de lecteur idéal, c'est tout juste bon à enculer les mouches, ils continuaient et continuent encore à sortir du sens à la pelle. Sens le vent de l'amer, petite sotte aigrie, le tapis t'as été retiré sous les pieds, ce remède hasardeux de contagion nauséeuse ne trompe personne. S'il en faut.

Aux prophètes des intentions cachées, sachez que, oui, je continue à penser que la très grande majorité des études littéraires est faite par et pour des graphomanes en vacances. Du genre pathologiquement malades de trouver des explications à tout, et bien sûr qu'on préfère les auteurs morts (dois-je ici expliquer ?). Et te donner du froncement de sourcil n°452, parce que vraiment, non, à côté de la plaque. Les mêmes, ouais, à te faire aujourd'hui le couplet que tout va à vau-l'eau et que tout perd sa place, en particulier, en ce qui concerne, les marques de ponctuation. De la grosse merde en barre, et cela même s'il était facile, je confesse, en ajoutant « souffle métaphysique » de m'assurer la moyenne presque à chaque coup.

N'empêche, l'info, puisqu'il y en a une, c'est que je me remets à lire tout doucement des ouvrages qui ne seraient, ni du sous-genre, ni des manuels pour laborantins défroqués (dont je ne pense, pour le coup, jamais me lasser). Pour le plaisir, ouais, on sait, la notion est éculée.





2 commentaires:

Aloïs Hiller a dit…

Il y aurait donc quelque sensibilité poétique dans ce petit corps de cyborg en colère ? L'effet Wall-E, sans doute. Mais est-ce vraiment une nouvelle ?

Dahlia a dit…

"libellés: pourquoi? parce que"

Je suis fan ^^