samedi 15 mars 2008

Boum Boum

Tout le monde entendra ce qu’il veut sur MR73, les vérités officielles, les intentions de son réalisateur, les histoires vraies, et blabla. Cinématographiquement, j’aurais la prétention de dire que ce film est une merde, mise en scène surfaite, photographie de faiseur, Auteuil sur-joue son mono-jeu, les personnages féminins font pitié (Olivia Bonamy alias « faux-cheveux » et Catherine Marchal « Miss Lexo-tête-de-mort »), le méchant flic pourri est vraiment krékéméfan (la preuve, il va aux putes), le flic attentiste attend juste de crever comme une merde (ici, bouffé par un clébard) ; bref passons. Je ne suis pas critique de cinéma (ah ah).

Maintenant, pourquoi donc en parler ? Parce que je vois ce film comme l’indicateur d’un certain esprit français actuel, et que cet esprit est tragi-comique – voire carrément burlesque. Non content d’avoir perdu la bataille de l’esprit, le Français (intellectuel, sérieux, artiste engagé, ça coule dans ses veines et l’histoire est derrière lui) continue à croire qu’il peut jouer les challengers dans celle de la morale. Cet esprit donneur de leçon et grosses ficelles, excluant toute distance, finesse ou perspective et privilégiant la simple et brutale mise en scène d’un message, qui ne regarde finalement que son émetteur, mais dont cet émetteur pense néanmoins qu’il tient là une vocation universelle. Avec MR 73, Olivier Marchal a voulu « au-delà de l'intrigue policière, réaliser un film sur la rédemption et l'oubli comme condition de notre existence. ». Certes, mais l’existence de qui ? la question n’est jamais venue sur la table…

L’existence de singes pleutres, très certainement, de ceux qui croient que s’ils se prennent un éclair sur la gueule, c’est parce qu’ils ont bouffé la banane de leur copain, qu’il y a un lien – Auteuil tringle sa collègue, donc sa femme et sa fille sont victimes d’un terrible accident (bah ouais, punition quoi). L’oubli, c’est la picole, la rédemption, c’est big-monkey qui prend son big-gun et va cass’ la tête des méchants, parce que dans un monde où la civilisation a échoué (police, justice, tous pourris, ndlr) c’est toujours plus efficace de démonter un crâne à coup de crosse (quand ce crâne c’est celui du krékéméfan, donc flic aussi, donc un peu de la famille, donc tuage à mains nues, capice ?) ou à coup de balle (quand le crâne c’est celui du tueur-pervers-non-rédemptionné, donc pas la même race, donc distance, ok ?). Et rédemption de la rédemption, donc suicide, parce tuer des gens, c’est mal (faute-punition-rédemption-mauvaise conscience…).

Pour résumer la profondeur psychologique de ce film, on pourrait citer les propos tenus par la mère d’une victime d’un crime horrible quand Auteuil lui rend visite « au fond, on ne sait pas pourquoi on continue de vivre après un tel malheur, mais on le fait, la vie nous tient ». Bouffe-chie-dort quoi, la preuve, MR 73 se termine sur un accouchement…


2 commentaires:

Alain Descarmes a dit…

Je viens pour la première fois ici, et constate que ça déménage, et même que ça bastonne sec : je reviendrai avec plaisir... A.D.

peggy a dit…

bien heureuse que cela vous plaise, cher Alain !